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Les petites mères

by Christine Ruffin


C´est vrai qu´il est touchant d´apercevoir au coin de l´âtre
Cette vieille attendrie de voir son fils rentrer
Menue, sur son fauteuil, elle admire en silence
Le grand gaillard qui passe la porte et qui entre,
Comme il est loin le temps où, d´un pas opiniâtre
Elle devait porter cet enfant qui bougeait
Ployant sous le fardeau avec obéissance
Elle tenait ses reins pour soulager son ventre
Oui, quand elle l´a porté, elle n´aurait pas pensé
Qu´un jour quand, l´âge aidant, son corps s´affaiblirait
Et qu´elle serait tremblante, au bas de l´escalier,
Il pourrait, comme une plume, dans ses bras la monter
Dans les années d´enfance, elle suivait son pas
Veillant sur ses devoirs, le guidant vers le bien
Espérant chaque jour qu´en dépit des tracas
Elle saurait l´aider à trouver son chemin

Dors, mon tout-petit, un jour, deviendra grand

Et je serai un jour assise au coin de l´âtre
Et je m´attendrirai de voir mon fils rentrer
Je le regarderai s´approcher posément
M´étonnant qu´un tel homme fût sorti de mon ventre
Emue devant cet homme qui taquine les plâtres
Moi, je repenserai au sein qu´il me buvait
Me demandant comment les petits doigts charmants
Ont fait cette main forte qui salue quand elle entre
J´aurai veillé sur lui, longtemps après l´enfance
Pour soutenir son pas d´un regard bienveillant
Inquiète de sa vie, lui prêtant assistance
Lorsque les coups du sort se feraient trop violents
J´aurai cette émotion, semblant de la fierté
De l´avoir vu grandir, devenir homme digne
Mêlée d´un peu d´angoisse, rien n´est jamais gagné
Espérant que pour toujours, il persiste et signe

Dors, mon tout-petit, un jour, deviendra grand
Dors, mon tout-petit, chut...





 

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