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Souvenirs en brosse

by Chtriky


Je suis un paillasson
Une espèce de tapis
Tissé en poils de brosse
Une pièce de collection
D´un bien beau gabarit
En poil de chien d´Écosse
Plus doux que du satin
J´aspirais aux câlins
Mais mon triste destin
Fut de jouer les durs
Pour chasser les ordures
Collées sous les chaussures

Les escarpins mondains
Les mocassins en daim
Les bottes en caoutchouc
Les talons des catins
Les tongs des radins
Les crampons à Zizou
Tout ce qu´on peut compter
De tatanes inventées
Viennent me visiter
Mais toutes, peu ou prou,
S´attardent sur mes joues
Sans même un p´tit bisou

Alors à voir, dès qu´on passait sur moi, la merde s´étaler
J´ me suis fait mon idée
Sur la nature humaine
Et ses dessous de pieds
Qu´on ne me parle plus des bienséants
Aux manières policées
J´ me suis pris d´affection
Pour tous les emmerdeurs
Qui préfèrent m´enjamber

Les semeurs, les fouteurs
Les épandeurs de crotte
Qui en ont plein les bottes
Les vicieux souilleurs de parquets
Dont l´intention nuisible
Me rend invisible
Les amants dégourdis
Les pompiers, les voleurs
Tous ceux qui préfèrent les fenêtres
Sont plus respectables, à mon goût, que ceux qui
Se prétendent à la semelle honnête

Vu ma situation
Je suis un paillasson
Que l´on peut croire aisé
Natif d´Aubusson
Je vis sur le perron
Du palais d´ l´Élysée
Paillasson de haut rang
Je vois passer du monde
Les grands représentants
Mais j´ n´ai pas pour autant
Une vie moins immonde
Que celle de mes parents

Paillasson à plein temps
Depuis bientôt vingt ans
J´en ai connu des grolles
J´essuie par tous les temps
Des pompes de présidents
Des funèbres et des drôles
Mais toutes ces bottines
Aux dessus bien cirés
Sortant des limousines
N´ sont pas beaucoup plus clean
Que les galoches usées
S´échappant des usines

Alors à voir, dès qu´on passait sur moi, la merde s´étaler
J´ me suis fait mon idée
Sur les politiciens
Et leurs dessous de pieds
Qu´on ne me parle plus de ces faux-culs
Et de leur protocole
Qui me piétinent une heure
Pour une poignée de main
Qui colle et qui racole

Gloire à vous, va-nu-pieds
Aux sans rien dans les poches
Aux preneurs de Bastoche
Aux représentants des plus bas
Dont la parole expresse
Fait fi des politesses
Les mutins, les voyous
Les révolutionnaires
Que l´on dit souvent malhonnêtes
Sont plus respectables, à mon goût, que ceux qui
Se prétendent à la semelle honnête

Et fort de mon passé
De racleur de merdier
Aujourd´hui, je dis sans ambages :
Je préfère les godasses
Qui nettoient les étables
À celles qui se prélassent
Dans les dessous des tables





 

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