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Montségur

by Henri Gougaud


Maison de roc
Maison pétrie de sang-soleil
Maison lointaine comme l´âme des morts
Inaccessible berceau
Oiseau-navire
Maison aux murailles de ciel pétrifié

Montségur

Il y eut ici des meubles, des étables, des portails épais
Comme cinquante ans de vie d´arbre
Il y eut des tonneaux suant le vin
Aux quatre coins de la cour
Tandis que l´on posait des pavés
À grands coups de maillet
Sous les grands coups du soleil
Il y eut le bruit des métiers
L´odeur de toutes choses vivantes
Le pain et la viande
Le cri des enfants
Le ruissellement de l´eau dans les cuves

Puis des hommes au bout de leur vie
Ont gravi les escaliers
Pour se perdre au-delà des nuages

Car Montségur est le faubourg d´une ville invisible
Maison-frontière entre la pesanteur et la grâce
Ciel descendant sur la Terre
Et soulevant la Terre au ciel

Il reste de longues vibrations d´insectes
Dans l´éternité des herbes
Il reste un chant de pierres blanches
Qui désormais connaissent la sagesse
C´est-à-dire leur poids exact de poussière

Et la muraille droite
Armure brisée contre la paroi du ciel
Armure désormais inutile de princesse éloignée
Sur le chemin de la paix
Il reste le soleil, fleur épineuse

Que fait vibrer le vent
Et là-haut
Le bruit du vent et le bruit du silence
Roulent ensemble dans la chaleur

Montségur porte ouverte
Hauts murs à l´ombre bienfaisante
Comme des souvenirs de lointaine enfance

Où sont les hommes aux regards sans paupières
Enfuis un jour de toi
Par la plus haute tour du feu?

Ô mère gisante et douce
Déliée de tes morts par le temps et le haut amour
Sans effroi tu te souviens des chevaux fous
Emportant tes enfants aux longs bras de sarment sec
Endormis dans la douleur

Car tu fus bâtie au sommet d´une tempête
Pour porter témoignage de la sérénité

Lumière inscrite dans les pierres
Sagesse dans l´ordre des murs
Pur espoir au plus haut des marches
Montségur, maison de vérité
Le temps a rongé tes fers et tes charpentes
Effacé le sang de tes murailles
Brisé l´arme de tes bourreaux

Maison de savoir et de pardon
Te voilà délivrée dans l´immense paix du ciel ouvert
Nous pouvons désormais venir renouer le fil de notre vie
Après sept cents ans de rupture

Ô Père Saint
Dieu juste des bons esprits
Vois
Le temps, dernier maçon de ta demeure
A fini son œuvre

Il s´en va





 

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